Retour de l’industrie [Les Echos]

La crise que nous traversons depuis plusieurs mois est venue remettre au centre des débats la question de la réindustrialisation de nos territoires.

La crise que nous traversons depuis plusieurs mois est venue remettre au centre des débats la question de la réindustrialisation de nos territoires. Entre les injonctions à relocaliser « quoiqu’il en coûte » et un déclin qui serait inexorable, l’industrie semble parfois se muer en un corps désarticulé.

Il est donc urgent de se recentrer sur les forces vives de la France et de son industrie et de se tracer clairement un chemin pour l’avenir.

L’Etat a compris les orientations à donner : accélération de la transition écologique, renforcement de la compétitivité et de la souveraineté économique, soutien aux compétences et à la cohésion sociale et territoriale (Bruno Le Maire).

Ces orientations viennent en écho à la réflexion sur la mission même de l’industrie, cette « raison d’être » de l’entreprise industrielle. Phare dans la tempête susceptible d’apporter la réussite que tout le monde réclame. Cette réflexion a déjà fait son chemin. Depuis le rapport Notat-Senard les exemples se sont multipliés d’entreprises cherchant à donner un sens sociétal au travail de leurs salariés au-delà de l’unique profit. Cette quête de sens est brillamment portée par Danone par exemple, et revendiquée par bien d’autres.

Mais il ne faudrait pas que les grands groupes français soient les seuls à réagir à ce discours, car les PME et ETI sont des lieux où la recherche de sens peut être particulièrement aisée et fructueuse. Et ce sont bien les PME et les ETI qui peuvent dynamiser le tissu industriel français et concrétiser les orientations de l’Etat sur le terrain. Le nombre au total de leurs salariés est beaucoup plus important, elles sont plus proches de leurs collaborateurs qui sont d’ailleurs souvent liés à l’histoire de leur entreprise et à son environnement. Elles connaissent en outre davantage les besoins et atouts de leur territoire et sont mieux intégrées dans le tissu industriel de proximité. Elles maitrisent la culture de leur pays et sont prêtes à défendre leur ancrage local.

Les entreprises industrielles, et spécialement les petites et moyennes, sont des lieux devenus rares dans notre société dans lesquels vivent ensemble des salariés de tout âge, de niveaux d’études différents et aux origines culturelles multiples. Cette richesse est une opportunité que nous devons saisir.

Faire émerger l’innovation au sein de ce creuset, retenir les talents, les développer et en attirer de nouveaux est primordial dans ce contexte. Au-delà de la formation disponible à chaque niveau de qualification, il s’agit de faire de cette agora un lieu qui stimule l’intérêt, l’ouverture et la compréhension de chacun sur un monde qui change.

C’est donc aux PME et ETI que l’Etat et les territoires se doivent d’être le plus attentif. C’est leurs besoins qui doivent être pris en compte en priorité. C’est grâce à un mix d’idées innovantes et de soutiens concrets que nous pourrons bénéficier d’un vaste plan de développement national et cependant décentralisé.

Il est essentiel de retenir et d’attirer les compétences dans tous les territoires, en démultipliant les partenariats industriels avec les acteurs et tout l’éco-système des régions, en particulier avec des écoles et universités de pointe.

Profitons des nouvelles exigences des millénials et de ce point de rencontre et d’échange multiculturel qu’est l’industrie. Cette dernière, animée d’une volonté sociétale et vivier croissant de talents, peut répondre à une « raison d’être » qui attire les jeunes générations.

Nous en sommes convaincus : ce sont les PME et les ETI françaises qui peuvent et doivent assurer la transformation économique profonde du pays.

Etienne Bernard
Président de Bernard Controls, Président de l’Association Sociétal Natives

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